(texte / clémentine mitrani )
Un soir d'été presque d'orage
Là, sur la place du village
L'estrade et les lampions
L'orchestre et les flon-flons
Les guirlandes d'ampoules
Tissent une nuit sans étoiles
Tout l'monde est là jeunes et vieux
Pour le p'tit bal des gens heureux
Et moi seule dans cette foule
Si tu savais combien j'ai mal
Si tu savais combien j'ai mal…
Refrain
C'est le tango des égarés
La valse des rêves évaporés
C'est la java des jours sans joie
C'est la java des jours sans toi
C ‘est le p'tit bal des jours heureux,
Des jours perdus, des amoureux
C'est le p'tit bal du temps qui passe,
Des amours mortes de guerre lasse
C'est le p'tit bal du temps qui passe,
Des amours mortes de guerre lasse
Matin d'automne, il pleut des cordes
Béton, bitume et feuilles mortes
Les réverbères s'éteignent,
Les fenêtres s'allument
Et déjà l'aube blême
A avalé la lune
Il est sept heurs à la Soierie
Ça grouille de monde de bruit de vie
Devant ma table en formica
Dans ce flot seule, je me noie
Dans ce flot seule, je me noie…
Une nuit au creux de mon hiver
Et du chagrin qui me lacère
Dans un silence étrange
Le temps s'est arrêté
Et la neige si blanche
Linceul immaculé
Je ne suis plus qu'un bouquet d'larmes
Egaré sur une pierre tombale
Encore un jour qui meurt sans toi
Et ton cœur qui n'bat plus pour moi
Et ton cœur qui n'bat plus pour moi…
Refrain
Mais le soleil tendre d'avril
A le goût du bonheur fragile
Je ne compte plus les jours
Loin de toi mon amour
Quand l'chagrin s'fait la malle
Y'a la vie qui s'emballe
Tu es parti et c‘est fini
Mais je chavire ivre de vie
Tu es parti et c‘est fini
Mais je chavire ivre de vie
Mais je chavire ivre de vie
(texte / clémentine mitrani )
Y'en a qui naissent une cuillère en argent dans la bouche
Toi t'étais d'la mauvaise souche
Y'en a qui naissent dans la dentelle et le velours
Toi t'as jamais connu l'amour
Et puis y'a tous ceux qu'ont une maman
Et un papa et une famille et tout l'tralala
Et puis y' a toi, marcel brouillard
Le binoclard, le sale bâtard
C'est comme ça qu'ils t'appellent à l'école
Tous ces cons, ces guignols
Tous ceux qui s'croient mieux qu'toi
Et puis toi, toi tu les crois…
Mais la nuit derrière les murs de ton orphelinat, petit garçon
Tu t'demandes pourquoi, pourquoi moi ?
Oh marcel, marcel brouillard
Oui, la vie, la vie, la vie est une barbare
Mais marcel, marcel brouillard
Un jour tu travers'ras l'miroir
Tu vas grandir tout seul
A grands coups d'pieds dans la gueule
Tu vas forcer la route
Te forger coûte que coûte
C'est pas comme ceux qu'ont une maison et du pognon
Et une enfance et des vacances
Faudra t'y faire, marcel brouillard
Fils de personne, oublié des cigognes
C'est comme ça qu'y t'appellent qaund y't'cognent
Tous ces cons, ces charognes
Tous ceux qui s'croient mieux qu'toi
Et puis toi, ben t'as pas l'choix
Mais la nuit sur un ring imaginaire, petit garçon
Tu te bats et pour une fois, c'est toi le roi
Refrain
T'es qu'un gamin mais tu sais très bien
Les blessures, les revers du destin
T'es rien qu'un môme mais tu sais déjà
L'odeur et le prix du combat
C'est pas comme ceux qui s'font border et câliner
Ceux qu'on console ceux qu'on cajole
Faudra t'y faire, marcel brouillard
Toi l'orphelin, l'dossier 32/21
Ta vie dans un foutu dossier
Pas d'racines, pas d'passé
Juste quelques feuilles de papier
Et puis un nom, un nom vite griffonné
Mais la nuit blotti au fond de ton lit, petit garçon
Tu fermes enfin les yeux et tu rêves
Que tu es un enfant heureux…
Avec une maman plus belle que tous les soleils
Tell'ment jolie que même son miroir en rougit
Et un papa tell'ment plus grand
Et un papa tell'ment plus fort
Que n'importe quel géant
Et une maison avec du feu dans la ch'minée
Comme dans tous les contes de fées
Et un jardin, et évidemment, un chien…
…
Mais ça sent bon dans la cuisine…tu sais qui vient dîner, allez, devine, c'est ton papi et ta mamie et puis ton oncle et tes cousines, mais rest'pas comme ça, là dans mes pattes, allez amour vas faire un tour…
…
Alors marcel il embrasse sa maman, y prend son p'tit vélo et y pédale jusqu'au ruisseau, y s ‘allonge dans l'herbe, y'r'garde le ciel, c'est si beau…
Y pense plus à rien…et c'est tell'ment bien… y pense plus à rien…et c'est tell'ment bien…
Oh marcel, marcel brouillard
Oui, la vie, la vie, la vie est une barbare
Mais marcel, marcel brouillard
Un jour tu travers'ras l'miroir
(texte / clémentine mitrani / mars 2004)
J'suis la première au box-office
Des p'tits bobos, des cicatrices
Au palmarès des plaies, des bosses
Moi j'suis toujours à la noce
Je collectionne les maladies
Bizarreries ou anomalies
J'écris ma vie sur ordonnance
Je n'me déplace qu'en ambulance
Je suis une fille de porcelaine
Toute ébréchée
Rafistolée
Un peu fêlée
Je suis une fille de porcelaine
Dis-moi
Oh ! Dis-moi, oh ! Dis-moi
Qu'tu m'aimes
Que tu m'aimes, que tu m'aimes, que tu m'aimes
Quand même…
On m'appelle la fée carabosse
C ‘est moi la reine de la cabosse
Des écorchures, des points d'sutures
Des fractures, des égratignures
On m'appelle capitaine fracasse
Juste bonne à mettre à la casse
A la brad'rie, j'vaux plus un clou
Soldée pour trois francs six sous
Refrain
Oh ! J'voudrais bien être une vraie femme
Avoir des allures de grande dame
Une chouette carross'rie sans rayures
Et au compteur zéro blessures
Mais je ne suis qu'un p'tit oiseau
Qui s'est cassé en mille morceaux
Petit moineau tombé du nid
Qui s'accroche quand même à la vie
Refrain
(texte / clémentine mitrani)
J'ai rencontré dans la rue
Un enfant qui m ‘a tiré d'ssus
Avec un joujou en plastique
Qui lui donnait l'air d'un caïd
Il était pas plus haut qu'trois pommes
Y'm' regarde,ce p'tit con !
Y'm' dégomme…
On a perdu nos rêves d'enfants
Nos palais et nos firmaments
On a bâillonné Peter Pan
Et puis les monstres et les géants
On a tous rêvé de Far-West
De caval'rie et de princesses
Mais final'ment on parle bizness
Coincés dans un costard trois-pièces
Et on tient bien toutou en laisse
Refrain :
Et même si Cendrillon
Est redev'nue souillon
Qu'la Belle au Bois dormant
A perdu toutes ses dents
Que les trois p'tits cochons
Ont fini en jambon
…qui a peur du grand méchant loup, c'est pas nous, c'est pas nous…
…qui a peur du grand méchant loup, c'est pas nous, c'est pas nous…
On a tous caché au fond d'nous
P'tit Poucet qui sème des cailloux
Comme des balises, des garde-fous
Pour atomiser la bêtise
Les marche-droit, les garde à vous
Alors ressortons nos poupées
Nos déguis'ments et nos épées
Allez allez ! c'est l'heure de la récré
Des bagarres et des chats perchés
Refrain
J'ai rencontré dans la rue
Un enfant qui m ‘a tiré d'ssus
Avec un joujou en plastique
Qui lui donnait l'air d'un caïd
Il était pas plus haut qu'trois pommes…
J'lui dit NON ! mon p'tit père, là tu déconnes !
Et c'est à c'moment là d'la chanson
Que moi je sors ma baguette magique
Et j' le transforme…en bique !!!
Refrain
(texte Clémentine Mitrani )
La maison baignée de sommeil
Tu m'embrasses et tu me réveilles
On se prépare sans faire de bruit
Tu me regardes, tu me souris
Dans la cuisine, dans la pénombre
Je suis assise sur tes genoux
D'une main un peu maladroite
Tu me coiffes, tu fais mes deux nattes
Et tu me mets quelques barrettes
Et ça me tire un peu les cheveux
Je voudrais que le temps s'arrête
Samedi matin rien que nous deux
Refrain
Une heure rien que pour moi
Rien que toi, rien que moi
Restent ces moments gravés
Encore longtemps après
Et l'enfance qui palpite
Quand la vie s'enfuit vite
Une heure rien que pour moi
Seule avec toi papa
Restent ces moments passés
Encore longtemps après
Et l'enfance qui palpite
Quand la vie s'enfuit vite
Quand la vie s'enfuit vite
Je garde en moi comme un trésor
De si jolis sam'dis matins
Toi tu me tenais par la main
Et moi je te trouvais si fort
Toi tu portais mon cartable
Là-bas jusqu'au café du coin
Au bout de la rue du Théâtre
Et mon Dieu que c'était bien
Je me revois gamine perchée
Sur le si grand tabouret
Posés sur le comptoir du bar
Mon verre de lait, ton café
Refrain
J'arpente la croix-rousse et ses pentes
Mais c'est mon enfance qui me hante
Je cours les bistrots, les troquets
J'écume les rades mal éclairés
Pour retrouver dans la fumée
D'une cigarette mal écrasée
Un bout de bonheur éraflé
Le zinc et le vieux tabouret
La radio, le crin-crin diffus
Le flipper et les néons crus
Le bruit des tasses, le temps qui passe
Réminiscence que rien n'efface
Refrain
(texte / clémentine mitrani)
J'voudrais changer tout un tas d'choses
J'voudrais repeindre la chambre en rose
Et regarder à la télé
Les films d'amour qui font pleurer
J'ressortirais de mon placard
Mes disques que tu trouvais ringards
Et j'écout'rais jusqu'à plus soif
Brassens, Brel, Barbara et Piaf
La vie sans toi
Comme ça s'rait bien, la vie sans toi
Toute seule !
La vie sans toi…avec moi !
J'veux re'dvenir célibataire
J'veux plus me sentir prisonnière
Et puis dépenser tous mes sous
M'ach'ter des dentelles, des froufrous
Je veux plus faire la cuisine
J'veux des soirées entre copines
Raconter des trucs de nanas
Tout c'que les hommes ne comprennent pas
La vie sans toi
Comme ça s'rait bien, la vie sans toi
Toute seule !
La vie sans toi…avec moi !
Je rest'rais pas seule dans mes draps
Je trouv'rais bien tout un tas d'gars
Des plus beaux, des plus forts que toi
Prêts à me serrer dans leurs bras
A m'emmener le temps d'une nuit
Au septième ciel, au paradis
Pas de promesses et pas de scènes
Pas de tendresse, pas de je t'aime
La vie sans toi
Comme ça s'rait bien, la vie sans toi
Toute seule
Rien qu'moi avec moi
Ça fait du bien d'croire certains soirs
Qu'on peut vivre sans amour
Qu'on peut vivre sans toujours, mais…
Ça fait du bien d'croire certains soirs
Qu'on est plus amoureux
Qu ‘on veut plus être deux, non
Ça fait du bien d'croire certains soirs…
Mais c'est déjà demain
Je t'aime, je t'aime, je t'aime
Et j'y peux rien
Mais c'est déjà demain
Je t'aime et j'y peux rien !
La vie sans toi
Comme ça s'rait bien, la vie sans toi
Toute seule !
La vie sans toi… avec moi !
(texte / clémentine mitrani)
Pour la dernière fois, je m'emplis de la nuit
Le ciel illuminé, comme pailleté d ‘étoiles
La blancheur opaline du croissant de la lune
Un rayon de lumière à travers les barreaux
Un murmure, une prière
Misérable cachot.
13 janvier 1523
Demain à l'aube on nous brûlera
Mon chat et moi
Mon chat et moi
Coupable, coupable
Vous me vouliez coupable
Puisque le sort en est jeté
Je périrai sur le bûcher
Moi femme prétendument sorcière
Et puis mon chat, mon Lucifer
Coupable, coupable, coupable.
Ma modeste maison au bord de la forêt
Quelques bêtes, peu de choses,
Une vie de labeur et de peu de bonheur
Je n'ai pas su porter la vie
Depuis mon ventre jusqu'à la terre
Je connais la peine infinie
De celle qui ne sera pas mère
Coupable, coupable
Vous me jugez coupable
Puisque le sort en est jeté
Je périrai sur le bûcher
Moi femme prétendument sorcière
Et puis mon chat, mon lucifer
Coupable, coupable, coupable.
Face à la foule ivre de feu
Face à la foule ivre de sang
Face à la foule ivre de cendres
Dans la ferveur et la folie
Au terme de cette infamie
Dans mon ultime combat de femme
Dans la fureur et dans les flammes
Je m'apprête à rendre l'âme
Coupable, coupable, coupable
Oh ! Mais vous mes frères vivants
Ecoutez rien qu'un instant
Comme une longue agonie
Le récit de ma courte vie
Et le cri déchirant
De mon chat insoumis
Et le cri déchirant
De mon chat insoumis
Coupable, coupable
Vous me vouliez coupable
Puisque le sort en est jeté
Je périrai sur le bûcher
Moi femme prétendument sorcière
Et puis mon chat, mon lucifer
Coupable, coupable, coupable.
Pour la dernière fois, je m'emplis de la nuit
Le ciel illuminé, comme pailleté d ‘étoiles
La blancheur opaline du croissant de la lune
Un rayon de lumière à travers les barreaux
Un murmure, une prière
Misérable cachot
(texte / clémentine mitrani)
Depuis qu'suis p'tite
J'ai toujours dit
Qu'moi j'habit'rai
Dans une roulotte
Ma mère disait j'prends les paris
Tu chang'ras d'avis
Petite sotte !
J'ai bien grandi
Et aujourd'hui
Même que j'ai gagné mon pari
Maman m'l'a jamais pardonné
Elle a même voulu me renier
E'm'dit ton cloaque y vaut rien
Pire q'une baraque de bohémiens
C'est vrai qu'c'est fait de bric et d'broc
Qu'on peut même plus fermer la porte
Que quand y pleut
Ben c'est plein d'flotte
Mais c'qu'on est bien
Oh ! c'qu'on est bien
Dans ma roulotte !
J'sais bien qu'dans c'pays d'dégonflés
La liberté fait plus rêver
Plutôt qu'travailler mon image
Moi j'préfère voir du paysage
Mon horizon n'a plus d'frontières
Ma maison c'est la terre entière
Ah ! c'qu'on est bien
Ah ! c'qu'on est bien
Dans ma roulotte !
Quand vous en aurez plein les bottes
De votre vie standardisée
De votre cuisine suréquipée
De votre BMW
N'oubliez pas qu'j'ai l'antidote
Pour rendre la vie plus rigolote
Jetez tout c'qui vous sert à rien
Débarrassez-vous d'c'qui vous encombre
Donnez-vous enfin les moyens
Oh ! D'arrêter de vous morfondre
Installez-vous
Installez-vous dans une roulotte !!!









































